Visite du château de Clermont

Visite du château de Clermont,

une demeure exceptionnelle du Genevois

Proposé par Château de Clermont Clermont en Genevois


Description

Visite du château de Clermont, une demeure exceptionnelle du Genevois

On quitte la route de Chambéry à Genève, que suivaient jadis les muletiers et les gens de guerre, pour gravir un crêt de molasse que les gens du pays nomment le Molard, ou mont Saint-Jean. La montée est courte, mais elle suffit à dépayser le voyageur : à mesure qu'il s'élève, la plaine du Genevois se découvre à ses pieds, striée par les cours de la Morge et des Usses, et l'on comprend sans peine pourquoi les anciens seigneurs de ce lieu y avaient assis leur puissance.

Il y eut ici, dès le XIe siècle, un château fort dont les archives parlent sous les noms de Clarus mons, Claromont ou Clarmonz. Les seigneurs de Clermont, vassaux des comtes de Genève, y tenaient garnison ; leur lignée s'éteignit vers la fin du XIIe siècle, et la place passa aux comtes eux-mêmes, qui en firent le chef-lieu d'une châtellenie, puis, au XIVe siècle, le siège du bailliage du Genevois.

On imagine, à voir la position du lieu — au carrefour des routes de Seyssel et de Sallenôves —, l'importance qu'eut cette forteresse pour la surveillance du pays. Des fouilles conduites il y a peu ont mis au jour des murs de plus de trois mètres d'épaisseur, et des conduites d'eau taillées dans le sapin, qui donnent la mesure de l'ouvrage. Il n'en reste aujourd'hui que des fondations dispersées sous les broussailles ; le temps et les hommes ont fait leur office.

Car c'est un autre édifice, plus bas sur le même crêt, qui retient aujourd'hui l'attention du visiteur, et qui mérite qu'on s'y arrête longuement.

Une demeure de prélat romain - Visite du château de Clermont

En 1576, un enfant du pays, devenu grand par les hasards heureux d'une carrière ecclésiastique, obtint du duc de Savoie Emmanuel-Philibert l'autorisation d'élever, au pied de l'antique château, une résidence à son goût. Ce personnage, Monseigneur Gallois de Regard, n'était pas un obscur chanoine de province : formé à Avignon puis à Rome, il fut chanoine de Saint-Pierre de Genève et de Saint-Pierre de Rome, abbé commendataire d'Hautecombe et d'Entremont, évêque de Bagnorea, camérier du pape Paul IV, et gentilhomme de la Chambre du duc de Savoie. C'est dire qu'il avait vu Rome, ses palais et ses jardins, avant de songer à bâtir dans sa vallée natale.

Il fit donc raser en partie le vieux château comtal, dont les pierres servirent à la nouvelle construction, et éleva, entre 1576 et 1580, une demeure de plaisance qui n'a rien d'une forteresse. On chercherait en vain ici les mâchicoulis et les archères de l'architecture militaire : l'évêque avait choisi son emplacement non pour la défense, mais pour la vue, selon le goût que la Renaissance italienne venait de répandre au-delà des Alpes.

La façade est monumentale, ordonnée avec une régularité toute romaine ; la cour intérieure est bordée d'une galerie à trois étages, dont les arcades superposées rappellent, toutes proportions gardées, les cours des palais que Monseigneur de Regard avait fréquentés dans sa jeunesse italienne. L'ouvrage fut mené en quatre années, par des artisans du pays qui surent, sans avoir voyagé eux-mêmes, traduire fidèlement le dessein de leur commanditaire.

Les Regard et leurs successeurs - Visite du château de Clermont

La famille de Regard garda longtemps ce bel héritage. En 1670, les terres de Clermont furent érigées en comté au profit de François-Joseph de Regard, maître d'hôtel de la duchesse Marie-Jeanne-Baptiste. Un autre François-Joseph de Regard, au siècle suivant, réorganisa l'armée sarde sur le modèle prussien ; un Ferdinand de Regard, enfin, prit part aux guerres du Risorgimento, fut blessé à Goito en 1848, et trouva la mort à Novare l'année suivante — destinée qui mêle, comme il arrive souvent dans ces vieilles familles, l'éclat militaire et la fidélité à des causes déjà perdues.

Les Regard conservèrent le château jusqu'en 1860, à la mort de la dernière du nom, la comtesse de Regard de Vars. Il passa ensuite au comte Tancrède de Fortis, puis fut vendu en 1921 à des fermiers, les Cottin, que suivirent les Gay. Mis en vente en 1963, il fut enfin acquis par le département de la Haute-Savoie en 1966, qui le sauva d'un abandon que trop de vieilles demeures savoyardes n'ont pas connu la chance d'éviter. Ses façades, ses toitures et sa cour à galeries sont classées parmi les monuments historiques depuis 1950 ; ses intérieurs, inscrits depuis 1988.

Ce que voit aujourd'hui le visiteur

Le château se visite par étages, ce qui convient assez bien à son histoire, faite de superpositions. Au premier, les appartements ont été meublés pour restituer l'atmosphère d'une demeure Renaissance ; au second, une exposition retrace, à l'aide des découvertes archéologiques et d'une maquette, le passage du château médiéval disparu à la résidence de plaisance qui lui a succédé. Le visiteur curieux d'architecture s'attardera dans la cour, sous les galeries, où se lit encore, dans la pierre, l'ambition d'un homme qui avait voulu rapporter d'Italie, jusque dans cette vallée alpestre, quelque chose du Sud.

De la belle saison — avril à la fin d'octobre — le château accueille expositions, concerts et spectacles dans sa cour d'honneur, qui n'a rien perdu de sa noblesse. On peut le parcourir librement ou en compagnie d'un guide ; l'un et l'autre usage ont leur mérite, mais je conseillerais au voyageur pressé de préférer la visite conduite, tant l'histoire de ce lieu — château comtal, refuge de prélat, demeure de gentilshommes savoyards, puis sarde, puis française — mérite d'être contée par une voix qui en connaisse tous les détours.


Informations pratiques sur la Visite du château de Clermont :

Château de Clermont, Montée du Château, 74270 Clermont-en-Genevois (Haute-Savoie). Ouvert d'avril à novembre ; visites libres ou guidées, animations en saison estivale.

Ouverture et fermetures Visite du château de Clermont

  • avril, mai, octobre
    • week-ends et jours fériés,
    • durant les vacances scolaires (zone A) du mardi au dimanche,
    10h à 12h30 • 13h30 à 17h30
  • juin, juillet, août, septembre du mardi au dimanche,
    10h30 à 12h30 • 13h30 à 18h

Tarifs Visite du château de Clermont

Plein tarif : 3 €.
Tarif réduit : 2 €. Forfait famille. Et sur présentation d’un justificatif : - 25 ans, étudiants, bénéficiaires du RSA, demandeurs d’emploi, carte Cézam, carte Loisirs, groupes (minimum 10 personnes). Forfait famille : 1 entrée enfant payante donne droit à 1 tarif réduit adulte.
Gratuit : 1er dimanche du mois, enfants -8 ans, personnes en situation de handicap et leurs accompagnateurs, groupes scolaires et universitaires, les enseignants et professeurs, les journalistes, accompagnateurs de groupe dans la limite de 1 pour 10 entrées payantes, membres de l’ICOM et de l’AGCCPF, professionnels du tourisme et guides-conférenciers.
Règlement : carte bleue, espèces (euros), chèques

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