Graines introuvables et boutures offertes à Mongenan pour les Rendez-vous aux jardins 2026

Château de Mongenan
mongenan ete

Château de Mongenan, vu d’un des trois jardins

Depuis leur création par Jack Lang, le château de Mongenan participe
régulièrement aux Rendez-vous aux jardins en proposant gratuitement à
ses visiteurs des boutures de rosiers anciens et des graines rares
introuvables en jardineries. C’est une manière de renouer avec la
tradition du XVIII° siècle, époque à laquelle les semences étaient rares
et chères car de nombreux légumes n’étaient pas encore introduits ou
consommés en Europe -tomates, pommes de terre, aubergines – et où les
différentes variétés de fruits, créées par La Quintinie à la demande de
Louis XIV qui en raffolaient faisaient l’objet d’un véritable marché
noir entre les différentes maisons nobles qui possédaient toutes un
jardin vivrier.

Découverte du Château de Mongenan

Antoine de Gascq, qui fit construire Mongenan en 1736, avait créé un
orchestre fameux, l’Académie des Lyriques, dont les premiers pupitres de
violon et violoncelle étaient tenus par les frères Sarraut, magistrats
comme lui, passionnés de facture musicale et grands amis de Montesquieu.
En 1737, Sarraut de Boynet, le violoniste, fit savoir à Antoine de Gascq
qu’il ne pouvait plus assumer la charge de l »Académie. Le président
chercha à le remplacer, à Bordeaux, à Toulouse, et, ne trouvant personne
s’dressa à une de ses amies parisiennes, la Princesse de Savoie
Carignan, mère de la future Mme de Lamballe. Celle-ci lui signala un
jeune citoyen de Genève, violoniste, compositeur, protestant, en rupture
de ban, qui venait d’arriver à Paris et se prétendait le propagandiste
de théories contestées d’un autre religionnaire un certain Linné , qui
venait de publier un livre dans lequel il prétendait que les plantes
étaient sexuées et avaient vingt quatre manières différentes de se
reproduire, ce qui choquait profondément Mgr de Beaumont, Archevêque de
Paris, d’autant plus que Linné, dans sa préface, prétendait que
certaines variétés végétales étaient le fruit de relations conte-nature
ou d’incestes. Rousseau refusa de venir s’enterrer à Bordeaux, mais
discuta botanique avec Gascq ,en lui exprimant que les jardins, tels
qu’on les dessinait à l’époque,ne pouvaient faire le bonheur des
plantes. Il lui proposa de faire un jardin totalement nouveau dans sa
structure où les plantes pourraient vivre en bonne intelligence et en
démocratie.

Antoine de Gascq accepta. Ainsi naquirent les trois jardins de Mongenan
qui conservèrent de la conception baroque la division en trois parties,
jardin pour l’ornement, jardin pour l’agrément et jardin d’utilité,
ordonnés autour d’un axe central en terrasses successives, qui
représentait symboliquement le corps du propriétaire, son visage,ses
entrailles et ses membres.

Ce dessin fut toujours conservés avec les plantes que Rousseau avait
préconisées et qui font l’objet des distributions annuelle : Roses
trémières qui servaient à corriger les vins de petite couleur, pastel,
saponaire pour la lessive, rhue officinale, indigo, poirier mouille
bouche, fraises capron français, chicorée, panais, topinambours,
groseille à maquereau, cannas de Jussieu, népéta pour le bonheur des
chats, néfliers, cognassiers, oliviers, grenadiers etc…

Seul manque à l’appel un des plus vieux cèdres de France qui dominait la
maison depuis le jardin pour l’agrément et que la grande tempête de
1999 a abattu. Deux tentatives de remplacement ont eu lieu,
infructueuses, car le sol est épuisé par deux siècles et demi de cèdre
gourmand.

En revanche, le jardin pour l’agrément vit arriver sous Louis XVI des
végétaux lointains, glycine, venue du Japon, ginkobiloba,Chimonanthus
praecox, venu de Chine, oranger des osages venu d’Amérique comme le
plaqueminier de Virginie, les magnolias, l’anacardier, l’arbre à
franges, le sassafras, le tout soigneusement acclimaté comme le furent
patiemment les rosiers qui bordent le vignoble au grand déplaisir de
ceux qui le cultivent. Mme de Parabère, Mme de Grossouvre, centenaire de
Lourdes, Cardinal de Richelieu, Blush noisette,candeur lyonnaise,
rejoignent pour la distribution Albéric Barbier, Paul and Scarlett
climber, Gylislaine de Féligonde et autres Dorothy Perkins.

Pour les Rendez-vous aux jardins, la visite des trois jardins est
confiée au SIGM, Savoirs et Images en Graves de Montesquieu. Christiane
Espeut explique la symbolique des jardins, leur aptitude à rendre
l’immeuble transparent, tandis que la botaniste Nicole Puisné commente
inlassablement les plantes, leur rattache des anecdotes et donne des
conseils de culture.

Naturellement, on peut, à cette occasion; admirer le fameux herbier de
Rousseau
, inventaire du jardin en 137 planches et se faire expliquer
tout ce qu’il faut savoir sur la classification linnéenne en l’honneur
de laquelle un pistachier, arbre le plus sexué au monde, empêche presque
l’entrée dans la salle des herbiers tant il est furieux depuis deux
siècles de n’avoir pas encore trouvé dans le voisinage de pistachière à
son goût.

Ouvert de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h les samedi et dimanche 6 et 7
juin 2026, graines et boutures gratuites naturellement
. Visite commentée
du musée et des jardins; Entrée 10 €, gratuite jusqu’à 12 ans.

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